Voir la vie d'un autre oeil. Celui qui pleure mais qui sèche. Parce qu'il n'y a pas de larme sans vie.
La souffrance.
Celle qui te rappelle que ton coeur est bien en marche. Celle qui te console finalement, de te sentir vivante. Celle qui, au final, sur laquelle tu as tellement de mal à poser des mots. On voudrait les plus intenses, puisqu'au fond, quand on souffre, les limites n'existent plus. Plus rien n'existe d'ailleurs,
sauf elle.
On a trop tendance à se focaliser sur notre mal, égocentrisme. Mais oui, on le sait, chaque peine est différente, & toi tu ne comprends pas parce que tu n'as jamais vécu ce que je vis
etc etc blablabla. On fait tous ça, même moi. Puis y'a aussi des moments de lucidité. Tu sais, ces moments où tu poses tout, là, en face de toi, et où tu te dis
"mais merde." C'est là, là, et seulement là que tu te rends compte que tu es pitoyable. & c'est là, là, et seulement là que tu avances. Chaque histoire nous appartient, chaque émotion est la notre, chaque vision n'est unique que derrière notre oeil, et chaque pensée est la seule que jamais autrui ne pourra nous voler. Mais ce qu'on oublie aussi, c'est que chaque mal, même additionné en maux, n'est et ne sera que comme tout ce qui nous caractérise, aussi uniques soient-il, bien trop éphémère pour s'attarder trop longtemps dessus.